Castelmayran,
Wouaaa, nous ne pouvions pas trouver mieux pour passer une canicule mémorable. Quand on part faire une reconnaissance, on ne sait jamais où nous allons atterrir. Depuis deux ans maintenant que nous voyageons, nous avons toujours eu des endroits plus extraordinaires les uns que les autres. Pour celui-ci, il nous fallait beaucoup d’ombre pour les loulous. Un joli parc boisé nous est proposé par Sandrine, la maîtresse des lieux, mais qui dit parc boisé dit pas beaucoup d’herbe, que cela ne tienne, juste attenant à leur chemin d’accès, il avait une petite pâture et des arbres mais pas assez grands pour faire de l’ombre. Sandrine demande à son voisin si nous pouvions y mettre les chevaux pour la nuit, qu’il a accepté, merci beaucoup au voisin.
En vue des jours de canicules qui étaient annoncés, nous n’avions pas droit à l’erreur avec Rodéo et Tintin. C’était le grand luxe. Leur séjour s’est passé entre les allers et retours de ces deux parcs et des douches pour se rafraîchir. Quant à nous, on a découvert deux nouveaux amis : Sandrine et Manu. Réglise, elle s’est fait trois amies et des parties de jeux extraordinaires. Nous sommes allés au marché, Manu nous a fait découvrir les alentours de Castelmayran, le pont canal, le confluent du Tarn et de la Garonne, Montauban.
Nous allions arriver bientôt à Toulouse et ses dénivelés. On savait très bien que cela allait être compliqué et d’autant plus que nous allions bientôt récupérer nos petits-enfants pour quelques semaines de vacances dans la roulotte pour la troisième année. Après avoir tourné les choses dans tous les sens, nous nous sommes dit : pourquoi ne pas partir de cet endroit. On prospecte pour louer un camion avec une attache caravane pour tracter la remorque, mais avant il fallait demander si nous pouvions rester chez eux le temps d’organiser le transport. Non seulement ils ont dit oui, mais Manu nous a proposé de faire le chemin avec nous et de ramener le camion à l’endroit de location. C’était trop bien, on ne saura jamais assez le remercier.
Le départ s’est fait quelques jours plus tard, après avoir galéré pour installer des feux à l’arrière de la roulotte et en attendant ce moment, le temps s’est enrichi de partages de rires avec Sandrine, Manu mais aussi Charlène et Esther, leurs filles. Pendant que tout le monde travaillait, nous avions le soleil, la piscine et le farniente rien que pour nous.
Le moment du départ était partagé par l’inquiétude et la tristesse de la séparation. Charlène était partie à la caserne, elle est réserviste. Esther faisait l’ouverture de la crèche où elle travaille. Nous étions plus que tous les quatre. Nous sommes allés chercher le camion à Montauban, récupérer une rallonge compatible avec la prise des feux installés la veille. Arrivé à la roulotte, on ajuste les derniers réglages. On attelle la roulotte et on monte les chevaux dans le camion, avec le recul, les mouvements se faisaient presque tout seuls sans réfléchir, comme si nous savions que le plus difficile était à venir.
Manu venait avec nous, mais Sandrine travaillait l’après-midi, il fallait se dire au revoir. Que c’est dur, on va se revoir c’est sûr, mais en attendant, il faut se quitter. Les larmes remplacent les mots. Nous voilà partis dans un silence religieux. Vous allez rester dans le cœur de “Croquette” nom que tu as donné à Réglisse Manu, et dans le nôtre.